Black lives matter

J’ai eu besoin silence : pour essayer de comprendre, intégrer.

Pour oser regarder à l’intérieur, interroger, remuer un peu là où ce n’est pas très joli joli.

Accepter.

Aujourd’hui, je comprends que garder le silence (plus longtemps) revient à nier le mouvement anti-raciste et par là le racisme systémique dont je ne fais que toucher du doigt l’ampleur/les mécanismes, mais dont je comprends que je fais partie.

Aujourd’hui, je ne suis pas sûre des mots qu’il faut employer, donc je suis vraiment, vraiment, désolée si je froisse qui que ce soit, et surtout des personnes racisées, dans cet article.

Je m’engage à apprendre et à m’améliorer.

Oui, avec ma gueule blanche (qui est elle aussi discriminée dans mon pays du Nord...car trop brune) : je n’ai pas toutes les cartes, je n’ai pas tout compris, je n’ai même rien compris.

Pourtant, je me serais volontiers définie comme humaniste. J’ai consacré la plus grande partie de ma vie à la question écologique que j’essayais de relier aux questions sociales dans des structures où cette voix est peu entendue. Je suis devenue coach/ accompagnatrice du changement personnel tant il m’est apparu essentiel d’œuvrer à la réconciliation de chacun avec lui-même, avec l’Autre, avec la Nature.

Et pourtant, j’étais à côté de la plaque sur une bonne partie.

Je me souviens de longues discussions avec un ami noir, il y a quelques années, au cours desquelles je comprenais bien que je n’avais pas toutes les cartes en main, que nos expériences n’étaient pas les mêmes.

Aujourd'hui, ce que je comprends du privilège blanc : c’est un ensemble de faits dont nous n’avons pas à nous soucier ou de possibilités auxquelles nous avons accès pour la seule raison que notre peau est blanche.

Par exemple, je suis obligée de constater que :

• Je ne vérifie JAMAIS que j’ai ma carte d’identité sur moi (et l’épisode du covid n’a pu que me donner un léger aperçu de ce que représente cette tension permanente).

• Lorsque je croise la police, je ne ressens pas de danger immédiat

• Mes ami.e.s n’apprennent pas à leurs enfants à sortir leurs mains de leurs poches dans un magasin, ni à enlever leur casquette/capuche etc.

• Tous mes professeurs ont toujours prononcé mes prénom et nom correctement, pas de « Alabra….c’est trop compliqué »

• Il y a encore quelques jours, j’aurai pu dire « All lives matter »...et je comprends maintenant le privilège, la construction que c’est : ne pas voir la couleur, c’est la nier. C’est le privilège blanc que de refuser la réalité que les différentes couleurs de peaux sont visibles. Car les personnes racisées n’ont pas ce choix.

Mea culpa.

Je n’ai pas d’excuses.

Je n’ai pas d’excuses, mais maintenant je peux avancer. J’ai les outils pour le reconnaître, pour m’observer, observer mes mécanismes, pour oser creuser en moi, voir quand ça commence à puer, interroger, proposer de nouvelles pensées et mécanismes à mon propre cerveau.

J’ai les outils qui m’ont permis d’entendre et non pas de me réfugier dans la peur, de camper sur une position bornée, têtue, insultante où j’aurais laissé mon égo diriger, terrifié d’être pris en défaut.

Parce qu’il y a quelques semaines, je vous parlais d’Ego...et il me semble que la situation actuelle est une magnifique occasion d’observer notre égo car il en prend un méchant coup. Il va se cabrer, se révolter à coup de « oui, mais moi je ne suis pas raciste »...Non, mais si...en faisant parti du système, nous sommes racistes malgré-nous. Ce n’est pas OK, mais ça n’avance à rien de s’auto flageller pendant des heures...il me semble que l’important maintenant est de reconnaître nos erreurs en toute humilité et d’avancer, de construire la solution, une nouvelle société. Car c’est à nous blanc.he.s de diriger le changement ou en tout cas de l’accompagner de toute notre énergie, d’écouter les propositions, de reconnaître que nous ne savons pas, de faire de la place, d’accepter et de nous relever les manches.

Oui, c’est inconfortable pour notre petit égo, mais ce n’est pas de ça dont il s’agit. Nous pouvons expliquer à notre égo, que tout va bien se passer. Nous pouvons choisir de nous reconnecter à notre MOI profond et à l’Amour.

Alors, que puis-je faire aujourd’hui ?