Comment savoir quand l'Ego est à la manœuvre?

La semaine dernière, j'ai commencé à vous parler de notre Ego, à surveiller lors de ce déconfinement. Aujourd'hui, j'entre un peu pus en détail dans une certaine vision que j'ai de l'Ego.


Par le passé, j’avais un niveau d’exigence très élevé envers moi-même. Je m’efforçais de vivre un mode de vie le moins impactant possible sur la planète au point que ça en devenait maladif, que chaque geste que je considérais comme imparfait me plongeait dans un état de souffrance extrême. Je voulais être parfaite et aucune alternative n’était envisageable.

Depuis, j’ai compris que la perfection n’existait pas et que c’était simplement un petit délire de mon égo. Un moment clé dans ce processus a été d’assister à un jeu de rôle : la personne s’en voulait de n’avoir pas fait quelque chose ou mal fait quelque chose dans sa vie professionnelle. Elle s’en voulait au point de se sentir moins que rien, une merde comme elle disait. Elle devait faire le tour de l’assemblée en nous disant à chacun.e, droit dans les yeux : « Je suis une merde »…c’était très formateur autant pour elle que pour chacun.e de nous…Au bout d’un moment, la facilitatrice lui a demandé :

- Et si une de tes collègues avait fait ça?

- Ah ben, c’est pas grave…une erreur, ça arrive.

- …. Blanc dans la salle….

- Donc tu veux être mieux que tout le monde ? Tu veux être parfaite ? Dieu peut-être ?

- Non !

- Et bien si, puisque quand une de tes collègues fait cette erreur, ce n’est vraiment pas grave, mais quand c’est toi, tu es une merde parce que TOI, tu n’as pas droit à l’erreur…

- …blanc dans la salle….

Est-ce que ça vous rappelle quelque chose ? Une scène ? Une expérience ? Une émotion ressentie ?

Combien d’entre-nous sommes tolérant.e.s à ce que font les autres et avons un niveau d’exigence insupportable envers nous-même ? Quelqu’un me disait même récemment « C’est insupportable d’être comme les autres »…chose que j’ai pu ressentir à titre personnel aussi…

Mais, au fond, qui sommes-nous pour nous croire au-dessus des autres ? Qui sommes nous pour nous croire soumis.e à la perfection ? Pour nous croire au-dessus de la mêlée ? Pour croire que nous n’avons pas besoin d’aide ? Que nous savons ?

Ne soyons pas dupe, tout ça est le jeu de notre Ego, le grand séparateur.

Notre Ego, en opposition à notre Soi, notre âme selon le nom que nous voulons lui donner est nourri par nos peurs, il nous divise au sens de nous sépare. Il nous sépare de nous-même d’une part, de notre paix intérieure de notre lumière en nous faisant plonger dans des comportements plus ou moins irrationnels. Il nous sépare des autres ensuite en nous incitant à la confrontation, l’opposition.

De mon point de vue, notre Ego est présent à chaque fois que nous ressentons une émotion inconfortable, négative, envers nous-même ou quelqu’un d’autre.


Là où il y a de l’Amour avec un grand A, l’ego n’a pas sa place.


Si nous pensons que nous avons le devoir d’être meilleur que les autres, nous nous séparons des autres.

Lorsque nous voulons avoir raison : nous nous séparons des autres.

Lorsque nous faisons un scandale à quelqu’un que nous aimons, nous nous séparons de lui.

Notre Ego se nourrit de toutes nos peurs…je l’imagine comme un petit garçon gourmand qui s’engloutit des biscuits de nos peurs à longueurs de temps et fait des caprices (en écrivant ces mots j'ai une image trés précise en tête, issue du film "Charlie et la chocolaterie" je crois...vous vouez ce garçons tout rond qui s'empiffre?

Lorsque je ne veux pas demander de l’aide pour ne pas déranger, que je me refuse le droit à l’erreur, que je considère que je dois parler bien à tout le monde en toute circonstance, manger parfaitement, vivre selon certains critères et que je ne tolère aucun écart à ces critères, alors je me pense supérieur.e aux autres…mon Ego se pense supérieur aux autres…si je reviens en Moi, à l’Amour, je me souviens que je suis humain.e comme tout le monde, sur le chemin de la progression que j’ai choisi de suivre, mais avec des loupés possibles.