La légèreté

J’ai envie aujourd’hui d’insuffler un vent de légèreté sur cette nouvelle année.

Comme beaucoup d’émotions, la légèreté est quelque chose que nous pouvons choisir de vivre et d’incarner, pour en profiter nous même, et en faire profiter notre entourage.


Je crois que j’ai longtemps été quelqu’un de très sérieux, toujours appliquée à faire ce que je pensais être la chose juste à faire. Mon engagement dans la protection de l’environnement qui en était un exemple concret dans ma vie professionnelle se traduisant par une certaine forme d’intransigeance que j’appliquais, je pense aussi dans ma vie personnelle. La conséquence est que tout écart à ce qui me paraissait être juste ou la bonne route à suivre, le bon comportement à avoir devenait un drame. La moindre action renfermait un enjeu important, la moindre interaction sociale devenait source de pression.

Et puis, j’ai rencontré une thérapeute qui m’a proposé de mettre de la légèreté dans ma vie en m’expliquant que mes grands principes ne m’avaient pas rendue heureuse jusqu’à présent. Une fois la claque passée, j’ai du reconnaître qu’elle avait raison...alors, petit à petit, étape après étape, j’ai appris à mettre plus de légèreté dans ma vie.


Pourquoi ?

Parce que force est de constater que le drame permanent ne m’aidait pas personnellement et n’aidait pas la cause que je voulais défendre. Lorsque nous vivons tout sérieusement, lorsque tout est un drame, notre corps, notre esprit sont dans une tension permanente que nous ne percevons même plus tant c’est devenu notre norme...En revanche, les autres, notre entourage, les personnes avec qui nous interagissons le perçoivent très très bien ! Nous en venons à nous exprimer de manière hostile sans même nous en rendre compte, nous sommes comme dans une logique de guerre (et souvent pensons détenir la vérité)...Et, logiquement : nous recevons autant de tension que nous émettons, nous avons l’impression que tout nous est hostile et nous faisons rarement avancer les choses….


Lorsque nous faisons ce pas de côté qui nous permet de réaliser que nous (sur)jouons notre propre drame et que nous revenons à la neutralité des circonstances, nous pouvons choisir de modifier nos pensées.

Nous avons alors à notre disposition la neutralité, puis la légèreté…


Nous avons tous un tas de pensées sur nos circonstances et une furieuse tendance à prendre ces pensées pour la réalité, créant ainsi des émotions « sérieuses » qui peuvent entraîner de la tension. Quand nous nous observons penser et que nous réalisons la lourdeur de nos pensées, nous pouvons nous poser la question « Pourquoi est-ce que je choisi de penser ça déjà ? » et essayer d’adopter une pensée plus légère.

Soyons clairs, je ne vous propose pas de penser que la guerre, c’est super marrant...En revanche, reconnaissons qu’il y a effectivement des situations totalement absurdes sur notre jolie planète...et remettons nos propres circonstances en perspective.

Parce que « porter la misère du monde sur nos épaules », être hyper sérieux tout le temps, ne participe pas vraiment à changer les choses.


Si nous voulons que les choses changent : changeons nous même. Comme le disait Gandhi « soit le changement que tu veux voir dans le monde »...Nous voulons plus de légèreté, soyons plus légers !

Faire place à la légèreté dans sa vie, c’est ne plus se laisser guider par sa peur, mais accepter de jouer. Accepter le fun, accepter le risque avec la confiance que nous avons la ressource pour survivre aux éventuelles émotions désagréables qui peuvent se présenter.Comment ?

La légèreté apparaît en prêtant attention aux petites choses qui dessinent un sourire sur notre visage: à cet arc-en-ciel plutôt qu’au nuage de pluie, à cet enfant (ou adulte) qui saute dans cette flaque...

En prenant du recul et faisant l’exercice conscient de recadrer nos pensées.

En respirant et nous recentrant sur nous lorsque nous nous sentons emportées par notre drame intérieur.

La légèreté me permet de rire de moi : si je relâche mon exigence envers moi-même, je peux m’observer avoir cette réaction ridicule...Un jour, je me promenais avec une amie et nos chiens...à un moment ils se sont éloignés et farfouillaient dans un chenal...en m’avançant à travers le champs, j’ai vu la tête de mon chien sortir au beau milieu du champs et j’ai complètement flippé. Je me suis construit en 3 secondes le scénario catastrophique où il était coincé dans une galerie...avant de réaliser qu’il n’était pas du tout coincé et qu’il s’éclatait complètement...quelques minutes aprés, j’ai retrouvé ma légèreté qui m’a permis de prendre un bon fou-rire sur ma réaction.


La légèreté, c’est ne rien prendre au premier degrés. Il me semble que c’est une application du premier accord toltèque : ne prends rien de manière personnelle.

La légèreté, c’est répondre avec humour à une remarque que nous percevons comme tendue ou agressive. C’est faire ce petit pas de côté qui nous permet d’être où on ne nous attends pas vraiment.

La légèreté, c’est faire le choix conscient de se rendre la vie plus facile. C’est refuser de croire que c’est un drame permanent.