Le déconfinement : éviter la déconfiture

Tant attendu, il me semble que le déconfinement va nous mettre face à plusieurs défis dont je souhaite vous parler aujourd'hui:

Ça y est, nous y sommes. Un peu comme dans les starting blocs, prêts à sortir, libres, reprendre une vie « normale »…Normale mais avec de nombreuses nouvelles règles.

Ces nouvelles règles peuvent nous plaire, ou pas. Nous pouvons les trouver logiques, ou pas. Adaptées, ou pas…

Nous devrons nous plier au moins à certaines…vraisemblablement renoncer à certaines de nos habitudes, dans le cas contraire.

Un certain nombre (dont je suis) souhaite profiter de cet élan pour créer une nouvelle société, d’autres se réjouissent de reprendre leurs habitudes.

Le déconfinement, sera une étape à négocier, une étape riche d’apprentissage qui peut venir nous tester dans nos résolutions, dans nos avancées.

Il me semble que le premier « risque » est le jugement de l’Autre…parce qu’en fonction de nos attentes ou de ces règles que nous trouvons logiques ou pas, nous risquons d’avoir une tendance (très) facile à juger les autres lorsqu’ils n’agiront pas de la manière qui nous semble la bonne, à nous.

Cette personne qui ne portera pas de masque, celle-ci qui se tiendra trop prêt, ou celle-là qui nous fera une réflexion car nous ne portons pas de masque ou encore cette autre qui prendra 12 sacs en plastiques…qu'allons-nous en penser? Qu'allons nous ressentir? Qu'allons nous leur dire? sur quel ton?

Tous ces jugements, sont des pièges tendus par notre Ego-qui-croit-savoir…car, n’oublions pas : nous ne savons pas mieux que les autres et nous ne les connaissons pas.

Alors, je vous propose de nous souvenir que nous sommes tous des humains, et que nous réagissons tous de la meilleure manière que nous pouvons face aux circonstances.

Je vous propose de rester connecté.e.s à votre empathie face à ces inconnus dont nous ne validerons pas le comportement au premier abord. Peut-être a-t’il.elle été confiné.e seul.e et a besoin de rencontrer des gens. Peut-être est’il.elle. très inquiet.te ou a vraiment peur du virus...Nous n'avons aucune idée de la réalité de l'Autre, ni de son état émotionnel et il fait, lui aussi, ce qui lui semble juste à ce moment là.

Je vous propose de garder en tête que nous ne pouvons pas changer l’Autre…et qu’il est libre de se comporter de la manière dont il souhaite se comporter, que cela nous plaise ou non.


Parce que quand nous disons « Les Gens font n’importe quoi »…nous jugeons. Nous ressentons alors vraisemblablement des émotions désagréables : irritation, colère, agacement qui ne font que nous plonger dans des énergies basses et qui ne changeront rien au comportement « des Gens »….

Et surtout : « les Gens », c’est NOUS…Nous sommes « Les Gens » et au moins, nous sommes « Les Gens » de quelqu’un d’autre…

Je vois dans ce déconfinement de magnifiques défis : celui de rester centré.e sur nous en terme de pensées et d’émotions, et celui de développer notre empathie et notre compréhension par rapport à l’Autre, en nous rappelant à chaque instant qu'il fait de son mieux avec ses peurs et son histoire.


Celui de prendre nos responsabilités sur la vie que nous souhaitons construire dans cet Après…parce que même si « Les Gens n’ont rien compris et vont reprendre leur vie de consommation », NOUS, chacun, sommes libres de nous comporter exactement de la manière dont nous souhaitons.

Nous sommes libres d’incarner la personne que nous souhaitons être.

Nous sommes libres d’incarner les valeurs que nous souhaitons porter et voir se développer, et comme le disait Gandhi : nous sommes libres d’incarner le changement que nous voulons voir dans le monde.

Nous n’avons pas d’autre option…nous ne pouvons obliger personne à se comporter de la manière dont nous pensons être la bonne, mais nous avons tout notre pouvoir de nous comporter nous-même de la manière qui nous semble juste pour nous, pour notre entourage, pour la société et la planète.

Et c’est la seule option que nous avons toujours eu.

J’ai longtemps travaillé dans la protection de l’environnement et cru que je pourrais changer les choses, je m’y suis épuisée, je ressentais de la colère en permanence jusqu’à choisir un autre chemin…Lorsque j’ai quitté mon premier poste, de nombreuses personnes se sont mises à me dire tous les changements qu’elles avaient opérées dans leur vie « grâce » à moi…En réalité, ce sont elles qui ont opéré les changements, donc c’est grâce à elles. Cependant, ma force, j'en prenais alors conscience, était d’incarner le message que je portais, c’était et ça reste quelque chose d’évident pour moi de vivre en accord avec mes valeurs…